Avec Clark Gable (Richardson), Burt Lancaster (Jim Bledsoe), Jack Warden (Mueller), Brad Dexter (Cartwright), Don Rickles (Ruby) 

Synopsisanimation_nerka

1942 : guerre du Pacifique. Le commandant Richardson reçoit la responsabilité du sous-marin Nerka qui aurait dû revenir au lieutenant Bledsoe. Il veut prendre sa revanche sur l'Akikaze, destroyer japonais qui a coulé son premier sous-marin mais avant il doit affronter l'hostilité de l'équipage du Nerka. Il surmonte ce premier obstacle puis attaque l'Akikaze. Richardson est grièvement blessé et laisse le commandement à Bledsoe.

wiseOn r’fait le film

Il existe des espaces propices à favoriser la tension dramatique.  Le ring de boxe, par exemple, qui a offert quelques chefs-d’œuvre au septième art, comme « Raging Bull » de Scorsese ou encore « Nous avons gagné ce soir », réalisé par le même réalisateur que l’Odyssée du sous-marin Nerka. 

Le cinéma des « sous-marins », de par sa nature même, recèle également quelques ingrédients de nature à favoriser la densité narrative.  L’espace est tellement confiné qu’il accentue le sentiment de claustrophobie, d’autant plus qu’il se trouve en perpétuel danger devant un ennemi quasi invisible.  Et puis tous ces personnages serrés les uns contre les autres offrent également matière au survoltage angoissant.  Cette espace très compact et hermétique, lorsqu’il est mis dans de bonnes mains, permet aux réalisateurs de travailler dans l’exiguïté du huis clos et de démontrer par ailleurs leur capacité à surmonter la difficulté dans une démonstration de maîtrise technique.    affiche_odyssee_du_sous_marin_nerka_1958_11

A cet égard, Robert Wise n’est pas en reste.  C’est un brillantissime technicien et monteur, tout fait capable de dominer la bête.  On se situe à une époque où Hollywood demande à ses réalisateurs de se soumettre au service d’un projet et non d'eux-mêmes.  A cet égard, Wise va prouver, sur ce projet et dans le reste de sa carrière, qu’il possède tous les atouts pour intégrer magnifiquement les paramètres Hollywoodiens.  C’est tout de même lui qui, après avoir travaillé sur le montage de « Citizen Kane », a osé toucher à « La splendeur des Amberson » d’Orson Welles en le remontant !!! Le parfait petit soldat, soumis à souhait, mais bourré de talent.  C’est dans cette aptitude tout à fait remarquable à appréhender les espaces et le montage que Wise va réussir à dompter l’exercice de style.   Pour l’époque, le résultat est plus qu’honorable.   L’action se déroule à 99% sous la mer, la narration ne souffrant d’aucune distraction, se bornant entièrement à alimenter la tension dramatique dans un thriller angoissant. 

« Le sous-marin Nerka »  va ouvrir la voie à d’autres projets « sous-marins » très réussis tels que « Abîmes » de David Twohy,   « USS Alabama » (l’affrontement psychologique entre Washington et Hackman rappelle celui entre Gable et Lancaster) de Tony Scott et surtout « Das Boot » de Wolfgang Petersen.    « Le sous-marin Nerka », un classique du genre qui sonne comme un repère, comme une référence.