Avec Miki Manojlovic (Marko), Lazar Ristovski (Blacky), Mirjana Jokovic (Natalija), Slavko Stimac (Ivan), Ernst Stötzner (Franz), Srdjan Todorovic (Jovan), Mirjana Karanovic (Vera), Milena Pavlovic (Jelena)

Synopsis underground 

Belgrade, 1941. Alors que les premières bombes allemandes tombent sur la ville, Marko et Blacky profitent de la déroute générale pour se lancer dans une vaste entreprise de magouilles en tous genres. Marko, le rusé, a très vite compris qu'un pays en guerre peut représenter une véritable mine d'or. Il cache alors dans la cave de son grand-père un groupe de réfugiés, auquel il fait fabriquer des armes et objets divers, aussitôt écoulés au marché noir. En 1943, Blacky est blessé, et mis à l'abri dans la cave. Désormais libre de toute contrainte, Marko n'hésite pas à le trahir en séduisant Natalja. En 1944, la paix revient, mais Marko fait croire aux habitants de la cave que la guerre se poursuit : la mystification durera ainsi plus de 15 ans ...

On r'fait le film

Pour moi, le plus grand film « politique » de l'Histoire du septième art ! Parce que ce metteur en scène de génie est parvenu à étaler ses tripes et sa douleur aux yeux de tous avec distance et finalement beaucoup de dérision. L'atrocité de la guerre et la séparation de son pays transformées en vision burlesque moderne. Chez Kusturica, la souffrance est toujours liée au rire, et pour moi, il est à cet égard le digne descendant de Chaplin.

Kusturica retrace à sa façon l'Histoire de la Yougoslavie à partir de la seconde guerre mondiale. Le ton est celui de la fable, le désir est celui de la propagande, non pas pour un camp ou l'autre, mais pour celui d'une humanité plus grande. Kusturica est amoureux de la terre de ses pères et hurle son désespoir face au déchirement qu'il observe. On a traité le réalisateur de fasciste, ce qui est lamentable !!!! Merci Fielkenkraut d'avoir craché son venin pourri sans avoir vu le film ! Dans le film, il est dit cinquante fois « enculés de fascistes » comme pour bien se protéger d'une lecture biaisée. Pour moi, c'est clair, le film est tout sauf fasciste ; il suffit d'écouter le film et de ne pas être aveugle ou sourd. Kusturica a pensé mettre un terme à sa carrière à cause de lecture malveillante de son travail !!! Heureusement qu'il ait changé d'avis. Ce que dénonce Kusturica, c'est ce qui a amené à ce déchirement, c'est-à-dire les manipulations et trahisons de toutes sortes, humaines, politiques, médiatiques.

Un cri de douleur poétique et burlesque à ne manquer sous aucun prétexte !