Avec Robert Englund (Freddy Krueger), Nick Corri (Rod Lane), Heather Langenkamp (Nancy Thompson), Johnny Depp (Glen Lantz), John Saxon (le lieutenant Donald Thompson), Ronee Blackley (Marge Thompson), Amanda Wyss (Tina Gray), Charles Fleischer (le docteur King)

Synopsis animation_griffes 

La jeune Nancy fait d'étranges cauchemars dans lesquels elle aperçoit un homme au visage brûlé, la main dans un gant muni de larges griffes. Bientôt, elle se rend compte que ses amis rêvent du même homme, Freddy Krueger, un tueur d'enfants qui fut tué par les parents de ses victimes. Bientôt, d'étranges meurtres ont lieu. Nancy comprend que Freddy est capable de tuer ses proies dans leur cauchemar. Pour Nancy, le sommeil devient l'ennemi : si elle s'endort, elle ne se réveillera pas...

On r'fait le film

Wes Craven n’est pas le premier à exploiter la notion de cauchemar dans le cinéma, mais l’invention d’un tueur s’immisçant dans les rêves paraît tout à fait originale.  En plus d’être original, le scénario travaille sur un processus d’identification pour le spectateur : tout le monde rêve et il paraît même que c’est indispensable.  A titre de comparaison, le lien peut-être fait par exemple avec « Jaws » de Spielberg dans cette facilité de ce processus d’identification pour le spectateur.  Et il nous arrive plus souvent de faire un cauchemar que de rencontrer un requin !!!

Freddy, symbole vivant du cauchemar, apparaît comme le nouveau croquemitaine.  Son visage brûlé au chapeau sale ainsi que son pull-over rouge parvient à marquer si bien les esprits, qu’il arrive sans mal à se joindre au Panthéon des personnages d’horreur tel que Dracula ou Frankenstein.  Freddy Krueger, perçu comme symbole du cauchemar poussé à l’extrême, réussit à dépasser le cadre du personnage d’horreur.  Il incarne la notion même du cauchemar et offre des perspectives sans limite d’investigation des processus psychiques.  On peut imaginer sans aucune mal Freud ou Jung se délecter du spectacle offert par Freddy Kruger !

Freddy Krueger est tellement bien ciblé qu’il suffit à lui seul pour terroriser.  Wes Craven d’ailleurs semble avoir si bien perçu que son bonhomme tenait le bon bout qu’il ne tombe jamais dans aucun excès d’effet de gore ou d’horreur.  Peu de mort également.  Tout le sentiment d’horreur et de peur provenant uniquement de la peur de s’endormir et de commencer à rêver.  Pour vendre sa sauce, Craven n’utilise même pas de bombes sexuelles blondes comme proie.  Une jeune fille au physique et comportement tout à fait normaux suffira. Au point de vue de l’économie de moyens, « Les griffes » s’illustre comme étant une bombe d’efficacité.  En partant de l’idée que le cinéma de divertissement invite à certain relâchement de la conscience, il est fort à parier que Freddy pourra réveiller les esprits les plus endormis !nuit1

Le slasher movie, sous-genre du film d’horreur qui consiste à suivre un tueur série et trouvant son origine dans « Psychose » d’Alfred Hitchcock, connaît à l’époque une grosse déprime.  « Les griffes de la nuit » va non seulement relancer le genre mais y apporter un souffle de qualité. Plus globalement, « Les griffes de la nuit » s’affiche comme la renaissance du cinéma fantastique d’horreur tandis que son personnage de Freddy Kruger peut envisager l’immortalité cinématographique.

Une, deux, Freddy te coupera en deux
Trois, quatre, remonte chez toi quatre à quatre
Cinq, six, n'oublie pas ton crucifix
Sept, huit, surtout ne dors pas la nuit

Neuf, dix, il est caché sous ton lit.

Un, deux, voilà Freddy l'affreux
Trois, quatre, attention il va te battre
Cinq, six, saisis-toi vite d'un crucifix
Sept, huit, reste éveillé toute la nuit
Neuf, dix, si tu t'en dors c’en est fini.

One, Two, Freddy's Coming For You!
Three, Four, Better Lock Your Door.
Five, Six, Grab Your Crucifix...