Avec : Gene Hackman, Candice Bergen, James Coburn, Ben Johnson, Ian Bannen, Jan-Michael Vincent, Robert Donner, Jean Willes, Mario Arteaga, Dabney Coleman, John McLiam, Robert F. Hoy, Jerry Gatlin, Sally Kirkland, Walter Scott Jr.,

Synopsis

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Le riche propriétaire J.B. Parker charge le cow-boy Sam Clayton de conduire son cheval, Tripoli, à Denver, où doit être donné le départ d’une course d’endurance de près de mille kilomètres dans le désert. L’épreuve organisée par le 'Western Press' rassemble Luke Matthews, vieil ami de Sam, 'Mister', un cow-boy fatigué, Norfolk, un Anglais fasciné par les compétitions sportives, le jeune et impétueux Carbo, Lee Christie, qui monte le cheval de Parker, un Mexicain et une femme, la belle Miss Jones, ancienne prostituée de chez Rosie. Renvoyé par Parker pour avoir pris du retard en chemin en s’occupant d’un jeune poulain dont la mère vient de mourir, Clayton décide de se joindre aux concurrents.

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Au milieu des année 70, le western commence à vraiment battre de l’aile, mais heureusement, il reste quelques irréductibles pour persister… Leone, Peckinpah, Eastwood, qui regardent dans le rétroviseur et qui tentent de fixer un moment d’Histoire avec l’œil critique et nostalgique. 

Comme dans « L’homme qui tua Liberty Valance » de John Ford ou « Il était une fois dans l’ouest » de Sergio Leone, on assiste au passage entre deux époques, lorsque les motos et les locomotives sont en passe de remplacer le cheval.  Le cheval, au centre de cette chevauchée sauvage, à qui Brooks rend un hommage vif et troublant en faisansans_titret croire, non sans humour, qu’aucun engin à moteur ne pourrait le dépasser sur les terres sauvages.  Le cheval,  à qui Brooks va redonner toute sa noblesse, en l’observant et en le chérissant comme un père envers son enfant.  Pour bien faire passer le message, Brooks aura recours à des images violentes, où l’on assiste comme jamais à la souffrance d’un animal, filmé couché dans ses derniers instants, avec une patte cassée et qui attend d’être abattu, martyrisé par des hommes sans foi ni loi, au bord de l’effondrement et l’écume étalée sur le corps.

On comprend rapidement que cette course d’endurance n’est en réalité qu’un prétexte pour Brooks de régler quelques comptes et de tenir un discours humaniste.  Le discours d’un non-américain comme il le fait dire à son héros par la bouche de Gene Hackman. : celui qui n’est ni le meilleur, ni le plus grand, ni le vainqueur n’est rien en Amérique.  Brooks critique et se désolidarise de ce pays qui doit gagner à tout prix pour exister, écrasant tout sur son passage, jusqu’à faire souffrir ou humilier l’autre.  « Le cheval se fout du vainqueur, et moi aussi ». Le discours a  le mérite d’être clair.  Pour alimenter son point de vue, Brooks, auteur du scénario, va inventer ce personnage interprété par Hackman, défenseur des bêtes, des dames, des enfants et de toutes les causes perdues du monde.  Un héros qui va gagner à sa façon, dans la solidarité et pas à n’importe quel prix.

Un grand film, plein de cœur et d’humanité qui stigmatise les égoïsmes, auquel on reprochera parfois une redondance de discours un peu indigeste.  Les images sont magnifiques, dans une mise en scène fluide et bien rythmée.  Les acteurs sont tous excellents, avec en tête un Gene Hackman archi-crédible… et archi-crédible.