Synopsis animation_once_upon

Nathan Aaronson, dit "Noodles", vieil homme solitaire, revient à New-York et se souvient... Sa jeunesse délinquante dans le ghetto juif dans les années 20, avec Max, son ami de toujours ; leur ascension sans gloire dans la pègre, le trafic d'alcool, les fumeries d'opium...
Mais il se souvient aussi de son amour d'enfance Deborah ; de la violence, des meurtres sauvages... et de la trahison...

once_upon_america2On r'fait le film

Cette fresque historique se présente comme un triptyque narratif : les années 20 correspondant à l’adolescence des personnages ; les années 30 correspondant à l’âge adulte et enfin les années 60 à la vieillesse.  Comme regard historique, Leone propose un travail de mémoire par l’intermédiaire de Noodles/De Niro.  A cette mémoire, Leone donne une forme narrative des plus originales et intelligentes.  Par un montage virtuose de flash-back, Leone offre par morceau, des séquences d’histoire aux allures de puzzle déconstruit, qu’il va s’amuser à reconstruire de façon non chronologique, mais développée pour l’essentiel linéairement. 

Techniquement parlant, « Il était une fois en Amérique » se présente comme une apothéose de virtuosité atteignant les sommets du septième art .  Rapidement, Leone va bouleverser le code narratif habituel avec par exemple cette séquence d’anthologie où 22 sonneries de téléphone vont relier plusieurs scènes et plusieurs époques entre elles.  « Il était une fois en Amérique », une exploration cinématographique de la notion du temps et du processus de mémoire.

Leone l’a démontré à chaque fois, il n’accepte jamais les idées préétablies, que ce soit pour les aspects techniques cinématographiques ou historiques.  Il travaille comme un véritable filtre qui s’acharne à débarrasser toute particule préconçue de sa création narrative.  C’est dans cet état d’esprit que Leone va traverser « son » Histoire de l’Amérique, proposant un état des lieux relativement sombre.  Son Histoire de l’Amérique n’est ni une enquête sociale ou politique, ni une analyse critique, mais plutôt une fable moderne. 

Noodles, monsieur Personne modernisé à qui Leone offre un nom. Noodles, voyageur du temps qui paie très cher le sacrifice des valeurs de l’enfance et de l’adolescence.  Noodles, , mémoire du monde fabuleux et perdu de sa jeunesse.  Noodles, crucifié sur une croix trop grande pour lui.  Noodles, symbole de la croyance en la liberté, en l’amour, à l’amitié et la fidélité au serment.  Noodles, seul rescapé du temps passé et du vieillissement quand tout son entourage a fait naufrage dans l’archétype du destin.  Noodles, rêve éveillé et électron totalement libre à l’intérieur du mythe américain.  Noodles, comme si la réalité de la vie valait moins qu’un songe.  Noodles, quand un acteur de légende et un personnage ne font qu’un.  Noodles, quand un réalisateur de légende et un personnage ne font qu’un.  Noodles, pierre précieuse et anthologie du cinéma, qui hante mes jours et mes nuits.

Il était une fois un dernier plan...

leoneOn se pose souvent la question concernant le dernier plan de "Il était une fois en Amérique".  On voit Noodles sourire... Alors, est-ce une porte ouverte à l'interpétation ? En tout cas, le Maestro a répondu à cette question :

"La particularité de l'opium est d'être une drogue qui vous fait imaginer le futur comme le passé. L'opium crée des visions de l'avenir. Les autres drogues ne vous font voir que le passé. Alors pendant que Noodles rêve comment sa vie pourra être et qu'il imagine son futur, il me donne la possibilité, à moi, metteur en scène européen, de rêver à l'intérieur du mythe américain. Et c'est cela la combinaison idéale. On marche ensemble. Noodles avec son rêve. Et moi avec le mien. Ce sont deux poèmes qui fusionnent. Car en ce qui me concerne, Noodles n'est jamais sorti de 1930. Il rêve tout. Tout le film est le rêve d'opium de Noodles à travers lequel je rêve les fantômes du cinéma et du mythe américains".