Avec Bruce Campbell, Ossie Davis, Ella Joyce, Heidi Marnhout, Bob Ivy, Edith Jefferson, Larry Pennell, Reggie Bannister, Daniel Roebuck, Daniel Schweiger, ...

Synopsisanimation_bubba

Une petite ville de l'Amérique profonde est menacée par une terrible momie, Bubba Ho-tep, qui veut absorber l'énergie vitale des habitants. Afin de la combattre, deux pensionnaires de l'asile local unissent leurs forces. Parmi eux, l'authentique Elvis Presley et un homme qui se prend pour Jack Kennedy.

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Les Egyptiens transformaient leurs morts en momie car ils croyaient à la survie des âmes.  Une lutte des hommes contre l’oubli en quelque sorte.   Le scénario de « Bubba Ho-tep » va s’organiser autour de cette lutte pour la mémoire.  Le film s’ouvre sur un panneau noir s’expliquant sur le titre du film : Ho-tep, descendant des 17 dynasties, 3100 – 1150 avant J.C.  Egalement nom de famille d’un pharaon Egyptien.  Bubba, homme du sud des USA, bon vieux garçon, sudiste blanc pauvre, modeste fermier du sud, résident d’un mobile home.  Bubba-Ho-tep, qui établit le lien entre hier et aujourd’hui, entre la grande Histoire et la petite.  Ensuite, une nouvelle séquence en forme de documentaire nous montre la découverte d’une momie en Egypte, le pharaon Amen Ho-tep, dont les restes seront bientôt exposés dans les musées à la vue de tout à chacun.  La grande Histoire à notre portée, quand hier rencontre aujourd’hui….

Aujourd’hui, Elvis Presley, le vrai, en fin de vie, oublié de tous, croupissant dans une modeste maison de retraite, se bubba_ho_tepdemandant comment le roi du rock’n roll a pu tomber dans une telle déchéance.  L’ex Star a fait place à un vieux Texan retraité, horrifié par sa dégénérescence physique.  Plus aucun horizon pour lui, sauf peut-être la solidarité qui s’établit au sein même de l’établissement entre personnes de même condition.  La maison de repos et de convalescence de Mud Creek enterre ses morts jour après jour dans l’indifférence absolue.  Cruelle fin de parcours pour ces petits vieux abandonnés à leur sort monstrueux.  Pas étonnant dès lors que les monstres prennent vie dans l’esprit des malades.  Des monstres en forme de momie symbolisant la survie des âmes pour la lutte contre l’oubli et pour la rédemption.  Scénario extraordinaire, oscillant entre humanisme profond et second degré permanent.  Il s’agit en réalité d’un conte moderne, très audacieux dans son écriture, qui réussit parfaitement à jouer des symboles autour des thèmes de la mémoire universelle, de la solidarité, de la vieillesse et de la rédemption.  Et pour ne pas tomber dans une quelconque lourdeur, le scénariste et le cinéaste ont décidé de jouer les équilibristes entre tristesse et humour.  Le ton est toujours cynique mais lié en permanence avec un regard très tendre pour les personnages et leur situation.  L’écriture est très intelligente, la mise en scène également.  Tous les comédiens suivent le même mouvement en offrant à leur tour des interprétations tout en nuance et très touchantes.  On connaissait déjà les possibilités évidentes de Bruce Campbell (Evil Dead) et de Ossie Davis (La colline des hommes perdus, Jungle fever)… Ils confirment, le premier trouvant sans doute là le plus beau rôle de sa carrière.   Ca va être très difficile pour faire croire à d’autres Elvis Presley dans le futur au cinéma. 

Avec un budget en peau de chagrin, Don Coscarelli et son scénariste Joe R. Lansdale ont concocté un petit bijou cinématographique original, drôle et émouvant, profondément humaniste.  Tout simplement immanquable !