Synopsis animation_bernard

A New York, les souris du monde entier se réunissent et décident de porter secours à Penny, une petite orpheline séquestrée par l'affreuse Madame Médusa. Bernard et Bianca, intrépides détectives de choc, se portent volontaires...

bergebOn r'fait le film

Ce 23ème long-métrage des studios Disney s’inscrit dans un contexte de crise.    Les animateurs doivent tenter de faire oublier le mauvais accueil fait à « Robin des bois ». Le studio Disney cherche sa nouvelle voie et décide de laisser de côté l’adaptation des contes traditionnels.  Peut-être en adaptant un auteur contemporain, rencontreront-ils les goûts du jeune public de l’époque.  Ils décident d’adapter le récit de Margery Sharp, « Miss Bianca & the rescuers » dont est tiré le titre anglais.

Gros indice de volonté de changement, les femmes sont mises en avant comme jamais dans les productions Disney.  D’abord Miss Bianca, véritable héroïne des temps modernes.  Aventureuse, coquette, espiègle, audacieuse, charmeuse, elle possède une très grosse personnalité, rarement atteinte même dans le cinéma hors animation.  Ensuite, Médusa, petite bombe de méchanceté cruelle et hystérique qui vient faire un peu d’ombre à Cruella des « 101 dalmatiens ». Enfin, la petite Penny, qui ressemble davantage aux caractères traditionnels des personnages de Disney.

Deuxième gros indice, lié au premier, les hommes eux sont mis au second plan, sans compter leur virilité broyée de toute part.  Le héros, Bernard, frileux, trouillard et lâche qui fait figure d’anti-héros.

Troisième indice sans cette tentative de modernité, deux kkkkkijjjjpersonnages extraordinaires qui font davantage penser au burlesque de Tex Avery qu’au classicisme de Disney : Orville, l’albatros fou et Evinrude, la libellule asthmatique.  Leurs attitudes hilarantes imprègnent une vraie folie aux séquences dans lesquelles ils apparaissent.  Comme des seconds rôles de choc d’une totale réussite.

On le voit, une vraie volonté de se chercher un ton nouveau.  Mais pourtant, les concepteurs ne réussiront pas à se sortir complètement des codes basiques de narration.  Encore et toujours l’éternel propos manichéen qui fait s’opposer méchants et gentils.  Egalement le ton gentillet et pleurnichard dans les propos de Penny et dans les chansons à l’eau de rose qui l’accompagnent.  La petite fille abandonnée de tous, dans les griffes d’une très méchante femme, c’est tout de même dur à digérer, même s’il on a cinq ans.

« Bernard et Bianca » va ainsi se profiler comme un mélange de classicisme et de modernité.  Assez de changement pourtant pour que ce film rencontre un très large public à l’époque.  Pari presque réussi pour une équipe divisée entre audace et trouille.  « Bernard et Bianca » va offrir ainsi une bouffée d’oxygène aux studios Disney, juste avant qu’ils ne connaissent une chute vertigineuse en enfer dans le début des années 80 avec des films comme « Rox et Rouky » ou encore « Taram et le chaudron magique ».