Avec : John Turturro, Deborah Kara Unger, Stephen McIntyre, William Allen Young, Gene Davis, Mark Houghton, Jacqueline Ramel, James Remar, ...

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A la suite du décès brutal de sa femme dans le parking d'un centre commercial, Harry Cain a des visions étranges qui le hantent jour et nuit. Il décide de résoudre lui-même le mystère qui entoure le meurtre présumé de sa femme.

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Nicolas Winding Refn, jeune réalisateur danois, tente une nouvelle fois le thriller après son film précédent « Bleeder ».  Malgré un budget très serré, il va s’entourer de collaborateurs de haut niveau pour amener à bien son projet.  Il va prendre l’écrivain Hubert Selby Junior comme co-auteur, lequel avait déjà signé le scénario de « Requiem for a dream » d’Aronofsky, dans un souci d’humaniser ses personnages.  Pour la musique originale, Brian Eno, qui participé aux bandes originales de « Dune » et de « Lost Highway » de David Lynch ou encore à « Trainspotting », « 28 days later », « La plage » de Danny Boyle.  Enfin, ni plus ni moins que le directeur de la photographie de Stanley Kubrick, Larry Smith.  Du beau monde qui indique toute la prétention du jeune cinéaste à réaliser quelque chose d’ambitieux.

Des noms prestigieux qui indiquent la grande connaissance, de la part du cinéaste danois, du septième art, mais qui révèlent également une propension à se laisser influencer.  Rapidement, l’atmosphère malsaine qui règne dans le scénario, suggérée par la musique méditative de Brian Eno, fait penser au style de David Lynch.  On sent que Nicolas Winding Refn n’a pas tout à fait digéré cette lourde influence dans sa mise en scène.

Mais dans un style formel influencé, donc peu original, le cinéaste réussit à donner un âme à son film, grâce à un savoir-faire, regroupant des morceaux de puzzle brillant de cinéma et de littérature qui l’ont émerveillé.  Par exemple, il avoue avoir pris conscience de l’importance de la lumière en regardant « Shining » de Kubrick.  Bref, une façon de faire qui ressemble à celle de Tarantino dans la manière de regrouper de merveilleux éléments dispersés pour tenter d’établir une nouvelle entité.affiche_Inside_job_2002_2

« Inside Job », où le récit tente de briser les frontières entre le monde intérieur et extérieur, entre le réel et l’irréel, avec au centre le personnage de Harry Cain, interprété par John Turturro, qui reste immobilisé dans son obsession du passé.  On pourrait définir « Inside Job » comme thriller psychologique obsessionnel car le scénario joue également de suspense en même temps qu’il analyse l’esprit tourmenté de son personnage central.  Nicolas Winding Refn  a eu raison d’inviter Hubert Selby Junior dans son projet, car l’une des très belles réussites du scritp est d’avoir nuancé le caractère des personnages, leur donnant à chacun, à la fois un côté sombre et humain.

« Inside job », comme un voyage dans un cauchemar éveillé, qui allie le suspense et l’introspection, pas tout à fait original, mais d’une très belle densité narrative.  On sent le jeune metteur en scène danois également obsessionnel dans cette envie de perfectionnisme auquel il devra simplement donner plus de personnalité dans ses futurs projets.

A noter enfin la sublime prestation de John Turturro, très inquiétante.  Ceux qui l’ont aimé dans « Barton Fink » des frères Coen ne seront pas déçus.