On r'fait le film

On r'fait le film avec une mauvaise foi pas possible.

09 mai 2006

LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE de Steven Spielberg (1980)

Synopsis animation_arche 

1936. Indiana Jones, archéologue aventurier est parti à la recherche d'une idole sacrée au fin fond de la jungle péruvienne, où il échappe de justesse à un guet-apens fomenté par son adversaire René Belloq. Il pense être revenu au calme en rejoignant sa chaire d'archéologie à l'université, mais les services secrets et son ami, conservateur du National Museum de Washington, vont lui confier une nouvelle mission : retrouver le Médaillon de Râ. Cette antiquité égyptienne pourrait les mener à l'Arche d'Alliance qui conserva en son temps les tables des Dix Commandements…

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Avant la réalisation de ce projet, existe une envie de Spielberg de réaliser un James Bond.  Mais à l’époque, les producteurs du célèbre agent secret n’entendaient pas travailler avec un américain.  Il fallait à tout prix que le produit reste un label anglais ou ex-empire britannique.  Les choses ont changé aujourd’hui.  En fait  l’idée d’Indiana Jones est née d’une frustration.  A bien des égards, la série des Indiana pourra être comparée à celle des James Bond, notamment dans cette volonté permanente de lier l’action à la comédie au sein d’une narration qui ne se veut ni réaliste ni logique, dans un but de divertissement avant tout. Avec un rien d’imagination, on pourrait aisément simuler James Bond dans les aventures d’Indiana Jones.  Les aventuriers ont beaucoup de choses en commun : ils sont tous deux séducteurs, héroïques ; il possèdent tous deux une face cachée. Que fait Bond lorsqu’il n’est pas agent ? Pour Indiana, on le sait, il est prof d’unif.  Enfin, ils possèdent tous deux une panoplie de gadgets qui leur sont propres… un walter PPK, pour l’un, un fouet pour l’autre, etc. Pour mettre en œuvre son projet, Spielberg va s’associer à l’autre plus grand money maker de la planète, Georges Lucas, dans un duo qui va s’avérer explosif !

Pour l’écriture du scénario, les duettistes vont penser à Lawrence Kasdan qui venait de sortir de la réalisation de « La fièvre au corps » et qui avait déjà travaillé pour Georges Lucas à l’écriture de « l’empire contre-attaque ».  Kasdan va réaliser un excellent travail, peaufinant les caractéristiques des personnages, mélangeant mythologie et grands espaces, multipliant les rebondissements.  Une des belles réussites de l’écriture est d’avoir mélangé l’imagination pure et vérités historiques.  Par exemple, les nazis ont vraiment recherché le Saint Graal.  Un très beau travail d’écriture comme Kasdan le prouvera souvent par la suite.  Les duettistes ont eu le nez très fin en le choisissant. raiders_of_the_lost_ark_ver5

Par la suite, Spielberg va mettre ce scénario en scène avec brio dans un rythme effréné et avec beaucoup d’imagination sur le travail de l’image.  Le montage final très réussi, le choix judicieux d’Harrison Ford, très crédible, dans la peau d’Indiana, la bande originale légendaire de John Williams, vont permettre à ce film de rentrer dans la légende du septième art. 

Du divertissement de série B très haut de gamme, qui l’air de ne pas y toucher, se moque des nazis tout comme « La grande vadrouille » d’Oury le faisait à sa façon, dans un ton de comédie.   Totalement dans un autre registre que « La liste de Schindler », les deux films ont quand même en commun de tirer sur la même cible.  L’air de ne pas y toucher, Spielberg, avec son personnage pourchassé par les nazis, crée l’archétype du héros mondial anti-nazi.  Il ne manquerait plus que Indiana Jones soit juif ! Il était juif, Indiana Jones ?

Posté par Chrislynch2 à 07:26 - Monsieur Spielberg - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


04 février 2006

MUNICH de Steven Spielberg (2005)

Avec : Eric Bana, Daniel Craig, Geoffrey Rush, Mathieu Kassovitz, Hanns Zischler, Ayelet Zorer, Lynn Cohen, Ciarán Hinds, Yvan Attal, Mathieu Amalric, ...

Synopsis

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Munich, 1972. Dans la nuit du 5 septembre, un commando de l'organisation palestinienne Septembre Noir s'introduit dans le Village Olympique, force l'entrée du pavillon israélien, abat deux de ses occupants et prend en otages les neuf autres. 21 heures plus tard, tous seront morts, et 900 millions de téléspectateurs auront découvert en direct le nouveau visage du terrorisme. Après avoir refusé tout compromis avec les preneurs d'otages, le gouvernement de Golda Meir monte une opération de représailles sans précédent, baptisée 'Colère de Dieu'. Avner, un jeune agent du Mossad, prend la tête d'une équipe de quatre hommes, chargée de traquer à travers le monde onze représentants de Septembre Noir désignés comme responsables de l'attentat de Munich...

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Une réflexion sur la violence, un récit à message d’un simplisme à pleurer : « Faites la paix, pas la guerre », « La vengeance n’est pas un plat qui se mange froid ».   Merci pour ces renseignements d’une incroyable originalité, monsieur Spielberg.  Faut dire que le sujet choisi était bien puant, avec quasi l’impossibilité d’en substituer une véritable fiction.  Il est dit que le sujet s’inspire de faits réels, ce qui veut dire en réalité qu’on a droit à une improbable authenticité historique.  Soit on privilégie le côté historique, soit le côté fiction, mais ici l’option est hypocrite, nageant entre deux eaux, où l’on mélange l’envie de témoigner de l’histoire à une volonté de faire du spectacle. 

Quant aux sources de Spielberg, elles sont à prendre avec des pincettes.   Le film n’indique rien là-dessus.  Par essence, les actions du Mossad fonctionnent de manière souterraine, cachée.  Il aurait été honnête de la part de Spielberg d’indiquer d’où il tenait ses sources et de l’indiquer d’une manière ou d’une autre sur la pellicule.  Il faudra attendre des interviews, hors film, pour qu’on apprenne de Spielberg que ses sources proviennent d’un agent du Mossad.  Par ailleurs, aujourd’hui, d’autres agents du Mossad indiquent que les choses ne se sont pas passées comme ça.  Le pire, c’est qu’avec l’influence énorme de Spielberg, toute une jeunesse va croire que les choses se sont déroulées de la manière dont le film le montre alors même que l’authenticité du produit est hautement discutable.   Et ce n’est pas la première fois que le cinéma américain réécrit l’Histoire à sa façon !18464332

Du côté de la structure narrative et de la mise en scène, ça ne vole pas beaucoup plus haut, avec les quasi mêmes scènes qui se répètent à l’infini.  Plus prévisible que ça, tu meurs.  Du coup, l’ennui est omniprésent.  Certaines options de narration sont elles aussi plus que discutables, comme par exemple ce choix de montrer la prise d’otage par l’intermédiaire des « souvenirs » d’Avner/Eric Bana, qui n’est qu’une forme détournée de voyeurisme sur la violence.

Spielberg aura voulu jouer la partition de la métaphore universelle en réponse aux idées de vengeance américaine d’après 11 septembre, mais se noie en simplisme et en approximation historique.  Il aura voulu ménager la chèvre et le chou en jouant les intermédiaires neutres à l’excès pour finalement ne déboucher sur rien.  Le sujet complexe de « Munich » était cinématographiquement intraitable avant.  Il l’est d’autant plus après ce pseudo documentaire Blockbuster de fiction.   « Documentaire blockbuster de fiction », ça existe ça ? Ben oui, Spielberg, vient de l’inventer.

Posté par Chrislynch2 à 22:14 - Monsieur Spielberg - Commentaires [39] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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