Synopsis

drugfataleLos Angeles, de nos jours. Une jeune femme se défenestre sous l'emprise de drogues, c'est le point de départ d'une nouvelle enquête pour le sergent Roger Murtaugh de la police de Los Angeles. Sauf que cette fois-ci, il va devoir faire équipe avec un jeune flic aux instincts suicidaires, Martin Riggs. Sous les apparences d'un suicide apparemment banal se cache en fait un trafic de drogues à l'échelle internationale que Riggs et Murtaugh vont devoir enrayer tout en apprenant à se connaître…

On refait le film

Le récit s’ouvre en nous montrant un monde dangereux et malsain qu’il va falloir combattre. Une très jolie jeune fille dans la fleur de l’âge, blonde, droguée, se jette du haut d’un immeuble. Affaire à suivre…

Comme chevaliers pour lutter contre le mal impitoyable, d’abord une famille noire constituée d’un couple et de leurs trois enfants habitant une jolie maison dans un quartier bourgeois.  Le père (Danny Glover), la barbe grisonnante, fête son anniversaire.  C’est l’occasion pour sa fille aînée de lui dire gentiment ses quatre vérités en lui disant qu’il vient de prendre un petit coup de vieux.  Ensuite, un homme blanc (Mel Gibson), solitaire, ayant comme seul compagnon un chien.  Ils habitent une cahute délabrée sur le bord d’une plage.  Il est clairement au bord du gouffre personnel.  Cigarettes et alcool dès le lever du jour, au bord de la faillite intérieure, le bonhomme pleure encore sa femme décédée. dannyfatale

L’introduction du récit semble vouloir jouer sur le concept des races blanches et noires en intervertissant les codes convenus.  Un blanc qui « rate » face à un black qui « réussit », les deux associés dans un combat contre le mal.  Nous sommes en plein milieu des années 80 et voilà sans doute les idées fracassantes qui ont fait s’émouvoir les publics du monde entier à l’époque.  On se situe clairement dans une énième version cinématographique d’une querelle entre le « bien » et le « mal » mais qui recherche une certaine originalité (dérangement des codes « blanc » et du « noir ») tout en essayant d’élargir le public au maximum (association du code « blanc » et « noir »). 

meldannyfatalTout en s’intéressant à ce « grand » combat du bien contre le mal, la narration va également s’intéresser au quotidien des personnes et à toutes ces petites tracasseries et agressions auxquelles tout le monde fait face tous les jours : la perte d’un être aimé pour Martin Riggs (Mel Gibson) et Roger Murtaugh (Danny Glover) qui se sent vieillir en permanence (« J’suis trop vieux pour ces conneries »).  Le plus grand commun dénominateur (combat du bien et du mal) rejoint le plus petit commun dénominateur (les tracasseries du quotidien), dans une lutte permanente contre la mort (Riggs suicidaire et Murtaugh qui se rapproche mentalement de la mort).  Toujours dans ce souci d’associer en permanence le plus grand commun dénominateur au plus petit, la narration va associer et individualiser les problèmes sociétaux de grandes ampleurs.  Dans le cas qui nous concerne, il ne s’agit pas seulement d’un problème de police face au banditisme, mais aussi d’un cas personnalisé puisque Murtaugh connaît le père de la jeune fille qui s’est tuée en ouverture.  Il a servi avec lui au Vietnam. Un exemple qui va se répéter à l’infini dans « L’arme fatale » et toutes ses suites associant en permanence le problème « universel » au problème « individuel » dans un but évident de singularisation d’humanisation.  Le récit ne parle pas seulement à un ensemble de public mais à chaque individu qui constitue le public. 

Autre association encore dans L’arme fatale, celle du sérieux et de l’humour, cristallisés dans chacun des personnages Murtaugh/Riggs.  La plupart du temps, Murtaugh est plutôt lourd et profond tandis que Riggs agit dans la légèreté et l’insouciance.  Murtaugh construit une maison et une famille tandis que Riggs a perdu tout sens matériel et de vision à long terme.  Deux façons d’appréhender le monde, s’épaulant l’un l’autre pour parer aux faiblesses respectives.  Il s’agit par ailleurs de rendre profonde une certaine légèreté de récit tout en assouplissant une certaine gravité du même récit.  On joue sur plusieurs symboles en les opposant puis en les associant.  Riggs va reprendre vie au contact de la famille de Murtaugh qui va le stabiliser tandis que Murtaugh va oublier son vieillissement au contact de la fougue de Riggs.  L’association va se transformer en solidarité, thématiques très puissamment nourries dans ce film et ses suites. Un pour tous, tous pour un, dans nos différences et oppositions, la formule va faire bingo dans l’esprit des spectateurs du monde entier…melsechfatale

De la comédie, de l’aventure, certes mais qui n’oublie pas sa profondeur, son humanité, son universalité.  On est bien dans du Blockbuster américain de haute qualité style « Jaws » ou encore « Star Wars » dont « L’arme fatale » va prendre clairement le relais dans les années 80 et 90 au même titre que les « Terminator ».  La formule « Arme fatale » est magique car emprunte de sincère humanité.  L’association des deux comédiens, Danny Glover et Mel Gibson d’inspiration divine croirait-on, est une des plus réussies de toute l’Histoire du septième art.  Ils étaient fait l’un pour l’autre pour le plus grand bonheur des spectateurs du monde entier.  En ce qui me concerne, je me fais toute la série chaque année !