Avec Robin Williams, Mary Beth Hurt, Glenn Close, John Lithgow, Hume Cronyn, Jessica Tandy, Swoosie Kurtz, James McCall, Peter Michael Goetz, George Ede, Mark Soper, ...

Synopsis animation_garp

Elevé par sa mère, T.S. Garp poursuit ses études à l'Académie Steering. Il épouse Helen, la fille de son entraîneur de lutte et ils ont deux enfants, Duncan et Walt. Apprenant qu'elle a un amant, Garp emboutit sa voiture et tue Walt. Le couple part en convalescence chez la mère de Garp parmi les femmes désespérées qu'elle recueille.

961On r’fait le film

Derrière le film, il y a un roman de John Irving, un auteur qui adore observer les trajectoires humaines à long terme, les soumettant à sa sauce tragico-burlesque.  On se souvient de « Hotel New Hampshire » qu’il a également inspiré.   Il dépeint des mondes fous, où les personnages subissent en permanence les extrêmes au sein d’un univers familial recréé.  Il aime inventer des tribus modernes sur qui déferlent les foudres du ciel.  Rien n’est simple chez cet auteur et il s’y passe toujours quelque chose.  Pas de temps mort, la vie à du 1000 à l’heure ! Les personnages possèdent des caractères bien trempés, ancré dans de lourdes croyances, souvent en marge de la société traditionnelle.  Par exemple, ici, dans « Le monde selon Garp », la mère, Jenny Fields/Glenn Close, désire un enfant sans père, - « Je voulais juste son sperme » - pour récréer un univers familial à sa manière.  Irving, c’est amoureux du contretemps, du contre-pieds, des contraires…  Jenny Fields possède une virilité toute masculine, Robert/ John Lithgow, ancien sportif de haut niveau veut devenir Roberta, les hommes mordent les chiens….  Irving et ses personnages extrêmes, en quête d’originalité et soifs de vie, subissant néanmoins la vie du commun des mortels : naissance, mort, trahison, amour, etc.   La vie, les personnages veulent la dévorer jusqu’à l’extrême, jusqu’à se brûler les ailes… Jenny Fields : « Il s’agit de vivre avant de mourir.  Ca peut-être une belle aventure, une vie ».  La vie, comme une aventure, comme dans un livre, comme dans un film, toujours dans l’imaginaire…. comme un écrivain.  Tous les personnages du film sont fascinés par l’écriture, la mère, le fils, la femme.garp_world

Un univers tellement nourri qu’il est normal que le cinéma s’y soit intéressé.  Mais voilà, une œuvre littéraire si folle et abondante qu’elle se suffit peut-être à elle-même.  Difficile pour un metteur en scène d’en rajouter à une narration qui apparaît déjà comme très audacieuse.   George Roy Hill ne va pas s’aventurer dans l’exercice de style, se contentant de mettre subtilement le récit en image.  Une histoire « très » dingue dans une mise en scène  « trop » classique, voilà peut-être ce qu’on peut lui reprocher, le cinéaste cédant ouvertement le pas à l’auteur qui le nourrit.  On pourrait appeler ça du respect mais les cinéphiles, toujours en quête d’originalité cinématographique, ne s’y retrouveront pas totalement.  George Roy Hill a du flair pour trouver les scénaristes ou écrivain de talent - William Godman pour « Butch Cassidy et le kid » par exemple - mais n’est pas toujours lui-même à la même hauteur.   C’est toujours très bien fait, mais sans grande originalité ou audace. 

Avec une histoire comme celle-là, des personnages tellement bien écrits, c’est du petit lait pour les comédiens, pourvu qu’ils possèdent un minimum de talent.  Ca sera l’occasion pour quelques comédiens, quasi inconnus à l’époque, d’exploser sur grand écran : Robin William, Mary Berth Hurt, Glen Close et John Lithgow, vont jouer la partition parfaitement ! Un quatuor de choc dont le cinéma de l’époque va rapidement profiter abondement.  Rien que pour leur prestation magnifiquement touchante, pour cette histoire de fou, ce film qui passe sans cesse de la tristesse à la joie, du rire aux larmes me semble immanquable, malgré ses manques purement cinématographiques.