PARFUM DE FEMME de Dino Risi (1974)
Avec Vittorio Gassman (Fausto), Alessandro Momo (Ciccio), Agostina Belli (Sara), Moira Orfei (Mirka), Franco Ricci (Raffaele), Elena Varonese (Michelina), Stefania Spugnini (Candida), Lorenzo Piani (Don Carlo), Sergio Di Pinto (ordonnance)
Synopsis
Fausto, capitaine de cavalerie et grand amateur de femmes, a perdu la vue au cours de manœuvres. Il refuse son infirmité et dissimule son amertume sous une agressivité permanente. Le jeune Giovanni, chargé de l'accompagner en voyage, est fasciné par cet aveugle qui devine la présence des femmes grâce au parfum qu'elles dégagent. A Naples, Fausto loge chez Vincenzo, aveugle également. Sara, la fille de la restauratrice qui prépare leurs repas, est depuis longtemps amoureuse de lui.
On r’fait le film
Au sein du cinéma italien, les années 70 vont symboliser à la fois l’âge d’or de « la comédie à l’italienne » et la fin de règne. Car ce style extraordinairement original, italien jusqu’à la mœlle, est intimement lié à une génération de cinéastes : Moniccelli, Scola, Comencini et Risi. Le genre est né avec eux à la fin des années 50. Il va mourir avec eux. Dans cette fin de règne, ces dinosaures, bénéficiant d’une grosse expérience et d’une maturité à tout rompre, vont offrir au cinéma italien ses plus belles lettres de noblesse. La comédie à l’italienne, dépassant en permanence les limites du bon goût, offre une observation cruelle et pathétique de sa société avec un second degré et un cynisme décapant. La comédie à l’italienne et cette façon incroyable de conjuguer scepticisme et optimisme sur un même plan d’égalité.
« Parfum de femme » est un parfait exemple de cette illumination du genre où satire, parodie et analyse de société se mêlent étroitement. Dino Risi va de plus imprégner son film de son univers propre. On connaissait déjà son penchant pour la difformité : « Les monstres », « Une poule, un train et quelques monstres ». Après « Parfum de femme », il y aura aussi « Ames perdues », « Les nouveaux monstres », « Fantôme d’amour ». Il ne s’en cache pas : "La normalité n'est pas spectaculaire". Fausto, personnage central, est aveugle, mais n’en demeure pas moins lucide sur son état qu’il considère comme épave humaine. Il erre d’abord dans la solitude (Gassman : « Ce n’est pas une histoire de cécité, mais de solitude") avant de quitter le monde des hommes pour basculer dans la bestialité. Il ne voit plus, il sent. Il n’aime plus, il jouit. On retrouve là encore une caractéristique du cinéaste italien qui affectionne les trajectoires de personnages, sans demi-mesure, menant leur folie obsessionnelle jusqu’à terme. Fausto, mi-homme, mi-monstre, décide d’accomplir ce qu’il croit être son dernier voyage sur la terre des hommes. Comme une bête déchaînée (il se considère comme un lion), il va pénétrer la jouissance de toute part avant de tirer sa révérence (« Le sexe, les cuisses, deux belles fesses : voilà la seule religion, la seule idée politique, la vraie patrie de l’homme »). Alcool et femmes légères sont ses derniers compagnons de route, avec tout de même une réelle préoccupation pour le destin de son âme (un prêtre indique à Fausto que son âme est déjà sauvée puisqu’il a déjà payé le prix d’être aveugle). Risi nous emmène dans son funeste road-movie pour atterrir dans sa ville natale, Naples. Au passage, on se sera arrêté à Rome que Risi ne manque pas d’égratigner (Fausto n’aime pas cette ville). Il est vrai que le cinéma italien a couvert d’or la capitale italienne avec Fellini et Scola. Et Risi de tenter de remédier à ce qui apparaît comme un léger complexe d’infériorité. Naples, que le cinéaste ne manque pas d’égratigner non plus (« La ville africaine la plus au nord »), et que Fausto connaît comme sa poche. Même aveugle, il sait à tout moment près de quel bâtiment il se trouve. Comme beaucoup de grands cinéastes, Risi recherche l’authenticité en offrant sa perception de ce qu’il connaît le mieux : sa ville.
On le voit, « Parfum de femme » réunit la maîtrise totale du genre qu’il revendique tout en offrant l’image d’un voyage introspectif. Une première partie, plutôt légère. La seconde plus sombre et dramatique. Un superbe travail d’équilibriste entre lumière et obscurité, réalisé par un cinéaste au sommet de sa maturité artistique.
Il faut souligner le travail magistral de Vittorio Gassman, lui aussi au sommet de son art de comédien. Puissance et authenticité au menu de cette interprétation hors du commun pour un acteur surdoué.
A noter également l’insipide remake fait aux Etats-Unis avec « Le temps d’un week-end » réalisé par Martin Brest avec Pacino.
Commentaires sur PARFUM DE FEMME de Dino Risi (1974)
- Italia....Une nouvelle fois, j'ai très envie de voir ce film, d'autant plus qu'il s'agit d'un film italien, et qu'à l'heure actuelle, cela reste mon point faible, avec le cinéma français.

Je ne demande qu'à découvrir ce cinéma, qui dans ses années de noblesse, comme tu dis, a engendré de véritables perles.
De plus, de ton avis, encore une fois sublimement écrit, j'ai retenu des thématiques que j'affectionne assez au cinéma.
Le côté road movie, la folie des hommes, l'errance, autant de sentiments et expressions corporelles ou psychiques, que j'adore voir explorer.
Voilà un auteur, qui me semble en tout point fascinant, et qu'il me tarde de découvrir en profondeur
- Signor RisiExcellente critique queje signerais volontiers avec toi.Nous somme déjà là à la fin de la Comédie italienne qui savait comme personne être drôle et très cruelle.Grazie per il commentario et quels acteurs que les Cinq Colonels(Marcello,Vittorio,Alberto,Ugo et Nino)!qu''st-ce que je l'aime ce cinéma transalpin.

- BogartBogart, par curiosité : tu parles des cinq colonels. C'est une expression que tu as inventées, ou bien c'est une expression consacrées pour parler des ces cinq acteurs ?

Sinon, Chris, une très belle critique sur le fonds à laquelle j'adhère à 100 %. En plus, j'ai appris quelque chose : je crois que tu as raison sur le complexe de Risi et je ne l'avais jamais remarqué avant ta critique... - Colonels me voilà!Non Norma c'est une expression réelle qui était vraiment employée par les spectateurs italiens qui je crois avaient avec leurs grands acteurs une vraie complicité sûrement parce que le cinéma italien a su conjuguer la simplicité à la profondeur,le rire aux larmes,l'amertume à l'espoir,comme dans la vie.C'est ça,je crois que le cinéma italien était à sa grande époque plus proche de la vie que tout autre.

- Merci BogartMerci pour l'info et aussi pour ton enthousiasme !!! Tu aimes le cinéma italien visiblement ! Sans le connaître aussi bien que toi, je suis aussi extrêmement séduite par le cinéma italien, par ce sublime mélange de rire et de cruauté qu'il nous offre, si proche de la vie comme tu le dis. Pendant longtemps, Le Bal d'Ettore Scola a été mon film n°1. Aujourd'hui, c'est Tampopo, un film japonais mais qui aurait pu être italien sans problème.

- On prend les mêmes et on recommence... ^^Allez, j'me lance :-p

Notre première rencontre a eu lieu grace à Pacino, donc quoi de mieux pour recommencer? :-p
J'vais déjà devoir m'énerver lol
"A noter également l’insipide remake fait aux Etats-Unis avec « Le temps d’un week-end » réalisé par Martin Brest avec Pacino."...
J'ai toujours pas vu Parfum de femme, l'original... donc impossible pour moi de juger
Mais par contre, Le temps d'un week-end est mon Pacino préféré... donc insipide, comprends que j'ai du mal lol
J'le trouve tout simplement MER-VEIL-LEUX dedans!!! ^^
))
Mais bon, j'crois qu'on sera jamais d'accord sur le sujet :-p
Contente en tout cas de remettre les pieds ici... ça faisait longtemps, ça m'a manqué...
Zoux grand frère - hello =)Bonjour Chris, comment vas tu ?

Moi je vais très bien, et depuis la dernière fois, j'ai vu quelques films interessants
Tout d'abord, Chicken Little (nan rigole pas, c'était avec les enfants de ma cousine lol), et je peux te dire que je me suis bien marrée, voir un canard et un cochon chanter les Spice Girls en karaoké, je peux t'assurer que c'est poilant =D Un bon ptit Disney en somme !
J'ai pu voir aussi Brokeback Mountain.. C'est vraiment spécial comme film, du jamais vu en tous cas. Un peu long vers le début, mais très émouvant le reste du temps. Sans compter les beaux paysages =) (et les beaux acteurs ^^) Vraiment très émouvant, respect pour les acteurs qui jouent si bien la tendresse..
Et hier soir, j'ai enfin vu Old Boy (je me souviens que tu en avais fait une bonne critique je sais plus trop sur quel blog lol) Un film vraiment très très spécial, je dirais. Un sujet interessant (l'enfermement, la vengeance, l'inceste) et des scènes vraiment gores aussi (je pense à l'arrachage de dents, oh my god, aaaïeuh!) Vraiment interessant comme film, même si j'aurais préféré le voir en VO (les doublages sur les films asiatiques sont vraiment nuls)
Voilà pour mes récentes découvertes cinématographiques lol
On vient d'acheter King Kong, je te dirais ce que j'en pense (en tous cas ma mère a adoré, elle tape une fixation maintenant sur les grands singes mdr)!
Et puis je compte aller voir Pirates des Caraïbes 2 aussi prochainement, et bien sur Lady in the water (j'arrive vraiment pas à dire "La jeune fille de l'eau", ca rend vraiment pas bien!)
Sur ce, je te souhaite une belle journée, et un bon week end ^^ - a équistance de l 'enfer et du ParadisFAUSTO,un animal au dessus des etres selon lui,par essense ou necessité refuse une cecité evidente .Au cours de son sejour a Naples nait une etrange perception ,perception animal,perception humaine ,perception d un homme face au precipice existentiel.SARA une jeune femme l'aime secretement depuis toujours ,qui peut aimé un aveugle sinon pour d inutile raison d existence?"le diable ,l enfer existent-ils?Sara ,une bequille sincere ,amoureuse comme au premier jour,devient confidente du bras eclaireur de fausto,ciccio,naif d humanité dévoué soumis a un dictateur borgne d'ame et instructeur pygmalion. Le parfum confus de chaque protagoniste,donne un relief a cette ballade inespérée,se dégage le long des trottoirs érotiques de Naples,des nights club,des trains,un parfum de scandale,un parfumm necessaire,un parfum eclaireur ,un parfum de femme

- On a tous quelque,chose de fondateur ,un livre ,un jouet,une attention ,un lieu.Croyez moi ou non ce film resonne encore a l heure de ces quelques lignes ,comme hier.j ai toujours été deficient visuel,j'avais 13 ou 14 ans c était la periode de Noel,le film avais été enrengistré il manquait le générique et quelques minutes ,notre premier magnetoscope ,le nez coller presque a l écran:du cinema c etait enorme ,et les coincidence venant ,je suis né en 1974.j étais secretement amoureux d une Sahara.j 'étais Fausto par procuration ,le cynisme en moins;Ce film a fait de moi l homme que je suis.Vous

savez c'est comme ces journées parfaites ou vous savez qu 'il y en aura pas d'autres.Sur l'acte de naissance de mon fils,a profession du pere il y a mentionner :scenariste ,merci ,D.Risi,V.Gassman,Agostina Belli,A.Momo.Ne m 'en voulez pas le commentaire n as été réflechis comme ca venais,ps:j'ai presque pleuré de rage quant au remake,l'absurde mélé a la trahison."la normalité n est pas spectaculaire"



Bonne continuation.
Xavier.