Avec Paul Newman, Robert Redford, Katharine Ross, Strother Martin, Henry Jones, Jeff Corey, George Furth, Cloris Leachman, Ted Cassidy, Kenneth Mars, ...

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Butch Cassidy et son acolyte Sundance Kid sont des pilleurs de banques et de trains. Lasse de voir ses convois dévalisés, la «Union Pacific» finit par engager l'agence de détective Pinkerton afin de mettre fin à leurs agissements. Au terme d'une traque de plusieurs jours, les deux compères parviennent à semer leurs poursuivants et décident de se faire oublier en se réfugiant en Bolivie.

hillOn r’fait le film

« La majeure partie de ce qui suit est véridique ».  Le générique commence par un petit film en noir et blanc, pseudo documentaire historique, qui tente d’associer réalisme et fiction.  Par ce biais, le réalisateur et le scénariste montrent une volonté de distanciation évidente.  C’est l’Histoire qui rejoint le cinéma et non pas le contraire.   On ne recherche pas l’objectivité historique mais l’Histoire sert de nourriture au cinéma spectacle romancé.  On retrouvera ce même procédé chez d’autres cinéastes comme par exemple Woody Allen pour « Zelig » ou encore Martin Scorsese pour « Mean Streets » et « Raging bull ». 

Le postulat du scénariste cherche avant tout à humaniser son propos et à démythifier le genre.  C’est la mode de l’époque, qui recherche la rupture, à l’instar des westerns spaghettis ou d’un réalisateur tel que Sam Peckinpah et son illustre « Horde sauvage ».  Les règles de base inhérente au genre sont respectées mais la narration tend à l’humanisation.  Ici, l’héroïsme fonctionne à rebrousse poil avec les protagonistes qui passent le plus clair de leur temps à fuir plutôt qu’à faire face.  Ils fuient devant l’ennemi, devant leur destin.  Il y a comme de la lâcheté dans l’air qui refuse de voir la réalité en face.  uuuuuuuuu

La narration travaille également sur une thématique chère au western : le changement d’époque, que l’on a pu observer de manière brillantissime notamment chez Ford dans « L’homme qui tua Liberty Valance », chez Brooks dans « La chevauchée sauvage » ou encore chez Leone dans « Il était une fois dans l’ouest ».  Le temps en action et sa marche inéluctable qui rompt brutalement avec le passé.  Une autre manière de démythifier la symbolique du héros, perdu dans les nouveaux codes.  On le dit : « Votre époque est révolue ».  On le voit quand Paul Newman tente des pirouettes sur un vélo, cheval du futur,  dont il finit par tomber.   Butch Cassidy et le kid, issus d’un autre temps, celui d’une certaine liberté anarchique dont le progrès moderne ne veut plus.   Ils matérialisent l’homme qui passe du héros à l’anti-héro, du brio au pitoyable, en une fraction de seconde.  Un magnifique exemple de rupture du temps au cinéma, à la fois sombre et humoristique.  Quand le meilleur tireur de l’Ouest avoue, non sans mal, qu’il ne sait pas nager, c’est à mourir de rire ! Le ton est à la tragi-comédie, qui réussit ce pari très difficile de louvoyer avec souplesse entre noirceur et humour.   

L’association entre le metteur en scène George Roy Hill et son scénariste William Goldman fonctionne à merveille, celle de Redford et de Newman également.  Tout simplement un immanquable morceau de western !