Avec : Denzel Washington, Jodie Foster, Clive Owen, Willem Dafoe, Chiwetel Ejiofor, Christopher Plummer, Carlos Andrés Gómez, Kim Director, James Ransone, ...

Synopsis 184799111

Dans une banque internationale située au coeur de Wall Street, un cambrioleur manipulateur (Clive Owen) tente de commettre le vol parfait. Pour contrecarrer son dessein intelligent, un détective ambitieux et soupçonné de corruption (Denzel Washington) veille plutôt à sauver la vie des otages, aidé par un capitaine de police plutôt désabusé (Willem Dafoe). Attirant la foule qui augmente, la banque assiégée devient vite le centre d'attention des caméras de télévision. Mais le richissime banquier, au visage janusien de philanthrope et de Faust (Christopher Plummer), ne craint pas que pour ses sous. Quand il fait intervenir son émissaire machiavélique dans la négociation (Jodie Foster), la partie du chat et de la souris vire au jeu d'échecs à trois joueurs.

imagesOn r’fait le film

Spike Lee à la barre d’un blockbuster, voilà déjà de quoi étonner.  Allait-il vendre son âme au diable ou bien surprendre ? Rares sont ceux qui ont réussi à manoeuvrer avec brio entre film d’auteur et objectif commercial, mais ils existent : Coppola, Spielberg, Cameron, Eastwood par exemple. 

Avec cette réalisation, Spike Lee va démontrer une nouvelle facette de sa personnalité : la capacité de mouvement.  Son choix de travailler sur un blockbuster en représente le premier témoin.  Comme si le ce réalisateur et homme de très haute conviction avait eu besoin de prendre un peu l’air en jouant de légèreté.  Car cet artiste au talent indéniable a parfois fait preuve de lourdeur dans son expression cinématographique. Dans ce film, Spike Lee va garder ses thématiques et une belle cohérence sous une forme tout en légèreté.  Il va continuer par exemple à dénoncer les stéréotypes raciaux ou la violence mais avec beaucoup d’humour et dans un cadre de divertissement.  « Inside man », sans doute un premier pas vers plus de sagesse et de maturité pour ce réalisateur.  On le sent vouloir étendre son point de vue à de nouveaux horizons.  Ici, en arrière-plan, le scénario dénonce l’injustice contre les juifs.  Les otages représentent autant de facettes d’un microcosme cosmopolite qu’il observe bien au-delà de la cause noire.  L’interaction noir/blanc est représentée ici sous forme ludique de jeu de chat et de souris sous les traits de Denzel Washington et Clive Owen, même si le réalisateur reste quelque peu sur ses rails avec la représentation du bandit blanc et du  policier noir.  Faut tout de même pas en demander trop en une seule fois pour ce réalisateur qui fait preuve pour l’occasion d’une magnifique ouverture d’esprit.  184799261

Par ailleurs, Spike Lee va blockbusteuriser avec talent, s’appuyant sur un scénario très bien ficelé, distillant avec soin les indices et les fausses pistes, multipliant les rebondissements sur un rythme soutenu.  Sa mise en scène est très efficace et on reconnaît sa patte toute particulière, par exemple dans cette envie de travailler dans un espace très restreint qui frôle le huis clos, la majeure partie du film se déroulant dans une rue et une banque.  La distribution prestigieuse va jouer tout son rôle également, surtout en ce qui concerne Clive Owen, très étonnant dans sa force maîtrisée et Denzel Washinton, en territoire familier chez Spike Lee, et qui n’essaie pas d’exister à tout prix. Leur affrontement psychologique est un petit régal.  On regrettera seulement la présence beaucoup trop effacée de Willem Dafoe.

Enfin, la réalisation de ce polar aura permis à Spike Lee de faire un petit clin d’œil à l’un de ses films préférés : l’excellent « Un après midi de chien » de Sidney Lumet dont on reconnaîtra les similitudes aisément.  Vraiment, une très belle surprise que cet « Inside man », bien plus intelligente et subtile que la simple machine à pop-corn que l’on pouvait craindre.