Avec Bill Murray (Steve Zissou), Owen Wilson (Ned Plimpton), Cate Blanchett (Jane Winslett-Richardson), Anjelica Huston (Eleanor Zissou), Willem Dafoe (Klaus Daimler), Jeff Goldblum (Alistair Hennessey), Michael Gambon (Oseary Drakoulias), Noah Taylor (Vladimir Wolodarsky)

Synopsisanimation_vie_aquatique

Légendaire explorateur des fonds marins, Steve Zissou est aussi connu pour son caractère excentrique que pour ses fabuleux documentaires. Mais Steve traverse une mauvaise passe. Son plus fidèle coéquipier, Esteban, s'est fait dévorer par un requin jaguar et la rumeur selon laquelle il n'est plus à la hauteur va bon train. Pour couronner le tout, Ned Plimpton, un jeune pilote, fait irruption dans sa vie et prétend être son fils qu'il n'a jamais connu. Steve Zissou décide alors de lancer une grande expédition pour se venger du grand requin jaguar…

wes_andersonOn r'fait le film

Dans la lignée de son film précédent, « La famille Tenenbaum », avec la façon toute particulière de Wes Anderson d’égratigner l’univers familial. « La vie aquatique » nous convie à voyager à bord d’une sorte de Calypso ayant pour commandant un Jacques-Yves Cousteau version looser, bien déjanté.

« La vie aquatique » confirme donc la constance des thématiques chez ce jeune metteur en scène très prometteur avec cette volonté de reconstruction de l’univers familial.  Le navire « Belafonte », lieu fermé dans lequel se passe la majeure partie de l’histoire, est prétexte à cette reconstitution virtuelle.  Comme si le metteur en scène avait quelques comptes à régler de ce côté-là, notamment dans la relation père/fils.  D’ailleurs, le patriarche Gene Hackman de la famille Tenenbaum ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Bill Murray de la vie aquatique.  Retenons la réplique de Steve Zissou/Bill Murray lorsque son fils (Owen Wilson) lui demande pourquoi il ne s’est jamais intéressé à lui : « Je déteste les pères ».  Je parierai gros sur le fait que Wes Anderson réitère cette thématique freudienne dans ses futures réalisations en quête de famille de substitution.

« La vie aquatique », également lieu symbolique pour nager dans des territoires à l’évidence non terriens, pour se life_aquaticdétacher de la réalité et offrir une couleur décalée, en distanciation.  Cette dans cette magie narrative que Wes Anderson nage comme un poisson dans l’eau, dans ses  thèmes dramatiques très personnels et profonds qu’il dynamite par un humour décalé.  En ce sens, il me fait vraiment penser à Woody Allen dans cette envie de rire des sombres pensées et des angoisses intérieures.  Il est bien parti en tout cas pour faire une carrière comme son illustre aîné.  « La vie aquatique » qui permet également toutes les audaces visuelles avec ces créatures sous-marines issues de l’imaginaire et qui propose de s’évader dans la réinvention du monde.  Réinventer le quotidien qui déprime, voilà, la signature de ce metteur en scène tout à fait original et bourré de talent.

Comme pour « La famille Tenenbaum », Wes Anderson réussit à nouveau à proposer un casting haut de gamme qui réussit à nager dans son univers comme des poissons dans l’eau.  De plus grand rôle au plus petit, c’est un véritable délice aussi à ce niveau-là. 

Attention, un très grand cinéaste est né !!!!