Avec : Colin Farrell, Christian Bale, Noah Taylor, Q'orianka Kilcher, August Schellenberg, Wes Studi, Ben Chaplin, Christopher Plummer, Arturo Tointigh Adrian, ...

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Au tout début du XVIIème siècle, le continent nord-américain n’est qu’une terre sauvage infinie sur laquelle vivent de nombreuses tribus. En avril 1667, trois bateaux anglais et leurs équipages accostent sur la côte orientale. Déstabilisés dans un monde inconnu, les Anglais préfèrent combattre plutôt que de s’adapter. En cherchant de l’aide auprès des Indiens, John Smith découvre une jeune femme fascinante.

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Pour Terrence Malick, le questionnement sur la civilisation ainsi que le rapport de l’homme à la nature relève de l’obsessionnel.   Quatre films en trente ans, chaque fois dans l’interaction de l’homme et la nature : « La ballade sauvage » ou la nature refuge, « Les moissons du ciel » et la nature domestiquée, « La ligne rouge » et la nature en guerre.

« Le nouveau monde » apparaît comme une réponse de maturité dans une narration dont le but est d’associer le monde sauvage des origines à celui de l’évolution.  Malgré un fort penchant pour le monde originel, Terrence Malick va s’évertuer à équilibrer les forces en adoptant chacun des points de vue des colons ou des indigènes.  Malick ne se contente plus de défendre des convictions.  Il observe à contrecœur la marche de l’Histoire et la victoire inéluctable de la civilisation.  « Le nouveau monde », c’est celui qui a gagné sur l’ancien monde, autochtone et collectiviste, en imposant sa vision du culte de l’individualisme : « La terre appartient à celui qui la cultive ».  Malick feint de baisser les armes mais propose insidieusement sa vision amoureuse pour la vie sauvage, pour sa pureté et sa force poétique.  A l’image du personnage féminin.  Malick  prend le soin de ne jamais l’appeler par son vrai nom, « Pocahontas », pour la désigner du nom qu’elle a reçu au cours de son processus d’occidentalisation « Rebecca », un peu comme si le nom des origines avait été irrémédiablement effacé et oublié.  Cette même Rebecca, qui se retirera de ce nouveau monde en mourant, tout en acceptant d’y laisser vivre sa descendance.  « Le nouveau monde », travail de mémoire contre l’oubli dans ce qui ressemble à un paradis perdu, véritable ode à la naïveté totalement assumée sans manichéisme par Malick. 18473104

La démarche intellectuelle et formelle ressemble à celle de Kubrick dans son regard sur le monde, où l’affectif se retire pudiquement, non sans résistance, pour faire place à davantage d’objectivité et d’universalité.  D’ailleurs, dans son style de narration, « Le nouveau monde » offre quelques similitudes avec « Barry Lyndon », dans sa puissance visuelle, musicale et poétique, dans l’utilisation des voix intérieures, dans son rythme lent, dans son montage elliptique, dans son souci de s’écarter brillamment des règles narratives en vigueur.

Par ailleurs, il existe également beaucoup de points communs également entre Malick et deux autres cinéastes ayant également réalisés des chefs –d’œuvre sur le thème de l’homme et la nature.  John Boorman (« Delivrance ») et Werner Herzog (« Aguire ou la colère de Dieu » – « Fitzcarraldo »).

Bref, « Le nouveau monde » n’est pas un film, c’est du septième art, aussi rare qu’authentique !