Avec Gérard Jugnot (Edmond Batignole), Jules Sitruk (Simon Bernstein), Michèle Garcia (Marguerite Batignole), Jean-Paul Rouve (Pierre-Jean Lamour), Alexia Portal (Micheline Batignole), Violette Blanckaert (Sarah Cohen), Sam Karmann (Max Bernstein), Ticky Holgado (Lucien Morel), Jean-Marie Winling (Sacha Guitry), Daphné Baiwir (Guila Cohen), Götz Burger (le colonel SS Spreich), Elisabeth Commelin (Irène)

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En 1942, sous l'occupation de la France, Edmond Batignole est un petit commerçant de Paris. Il essaie de survivre comme tant d'autres. Mais il choisit un jour de se mettre en danger en voulant sauver la vie de Simon, un petit enfant juif.

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Gérard Jugnot, un metteur en scène qui, dans une relative pauvreté du cinéma français, tire remarquablement son épingle jeu.  Son style : un doux mélange de drame et de burlesque, dans la lignée de ses illustres pères, comme Jean Renoir ou Julien Duvivier par exemple, toutes proportions gardées.  Du cinéma populaire intelligent ne se prenant pas trop au sérieux, sujet à réflexion, dans une émotion mesurée et humaniste.  Vingt ans maintenant qu’il est passé derrière la caméra avec un réel bonheur et très peu de faux pas.  « Pinot simple flic », « Une époque formidable », « Sans peur et sans reproche », quelques très bons témoignages cinématographiques qui se sont accumulés au fil du temps, et qui ont fait de Jugnot, un des meilleurs représentants du cinéma de l’Hexagone.

« Monsieur Batignole » s’inscrit en droite ligne de ses réalisations précédentes.  Du cinéma qui ne révolutionne rien, mais qui touche au cœur, généreux, intelligent, mi-burlesque mi-tragique, et humaniste.  Jugnot où l’art de se fondre dans la peau de monsieur tout le monde, avec un physique approprié, il est vrai.  Mais ici, cette particularité va s’avérer d’une importance capitale.  Monsieur Batignole, c’est ce monsieur tout le monde en temps de crise grave.  Pas un héros, pas un lâche et pourtant un peu des deux à la fois, suivant le cours des événements, dont les actes seront nourris, presque malgré lui,  porté par le vent de la chance ou de la malchance.  Batignole ou le commun des mortels, presque insipide et sans intérêt, à qui on pourra s’identifier aisément.  A cet égard, Jugnot fait un peu office de Bourvil moderne.

Jugnot a eu le nez très fin avec ce Monsieur Batignole, comme une osmose entre un comédien et son personnage, comme une évidence.

« Monsieur Batignole » ou le résistant malgré lui, réalisé modestement, sans manichéisme ou surenchère d’émotion, avec quelques faiblesses de scénario ou de mise en scène, mais rapidement gommées par l’implication réelle du metteur en scène et de l’acteur.  Pas LA référence dans le témoignage cinématographique de la France sous l’occupation, mais juste derrière des films tels que « Le dernier métro » de Truffaut ou « La traversée de Paris » de Claude Autant-Lara.