Avec : Eric Bana, Daniel Craig, Geoffrey Rush, Mathieu Kassovitz, Hanns Zischler, Ayelet Zorer, Lynn Cohen, Ciarán Hinds, Yvan Attal, Mathieu Amalric, ...

Synopsis

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Munich, 1972. Dans la nuit du 5 septembre, un commando de l'organisation palestinienne Septembre Noir s'introduit dans le Village Olympique, force l'entrée du pavillon israélien, abat deux de ses occupants et prend en otages les neuf autres. 21 heures plus tard, tous seront morts, et 900 millions de téléspectateurs auront découvert en direct le nouveau visage du terrorisme. Après avoir refusé tout compromis avec les preneurs d'otages, le gouvernement de Golda Meir monte une opération de représailles sans précédent, baptisée 'Colère de Dieu'. Avner, un jeune agent du Mossad, prend la tête d'une équipe de quatre hommes, chargée de traquer à travers le monde onze représentants de Septembre Noir désignés comme responsables de l'attentat de Munich...

spielbergOn r’fait le film

Une réflexion sur la violence, un récit à message d’un simplisme à pleurer : « Faites la paix, pas la guerre », « La vengeance n’est pas un plat qui se mange froid ».   Merci pour ces renseignements d’une incroyable originalité, monsieur Spielberg.  Faut dire que le sujet choisi était bien puant, avec quasi l’impossibilité d’en substituer une véritable fiction.  Il est dit que le sujet s’inspire de faits réels, ce qui veut dire en réalité qu’on a droit à une improbable authenticité historique.  Soit on privilégie le côté historique, soit le côté fiction, mais ici l’option est hypocrite, nageant entre deux eaux, où l’on mélange l’envie de témoigner de l’histoire à une volonté de faire du spectacle. 

Quant aux sources de Spielberg, elles sont à prendre avec des pincettes.   Le film n’indique rien là-dessus.  Par essence, les actions du Mossad fonctionnent de manière souterraine, cachée.  Il aurait été honnête de la part de Spielberg d’indiquer d’où il tenait ses sources et de l’indiquer d’une manière ou d’une autre sur la pellicule.  Il faudra attendre des interviews, hors film, pour qu’on apprenne de Spielberg que ses sources proviennent d’un agent du Mossad.  Par ailleurs, aujourd’hui, d’autres agents du Mossad indiquent que les choses ne se sont pas passées comme ça.  Le pire, c’est qu’avec l’influence énorme de Spielberg, toute une jeunesse va croire que les choses se sont déroulées de la manière dont le film le montre alors même que l’authenticité du produit est hautement discutable.   Et ce n’est pas la première fois que le cinéma américain réécrit l’Histoire à sa façon !18464332

Du côté de la structure narrative et de la mise en scène, ça ne vole pas beaucoup plus haut, avec les quasi mêmes scènes qui se répètent à l’infini.  Plus prévisible que ça, tu meurs.  Du coup, l’ennui est omniprésent.  Certaines options de narration sont elles aussi plus que discutables, comme par exemple ce choix de montrer la prise d’otage par l’intermédiaire des « souvenirs » d’Avner/Eric Bana, qui n’est qu’une forme détournée de voyeurisme sur la violence.

Spielberg aura voulu jouer la partition de la métaphore universelle en réponse aux idées de vengeance américaine d’après 11 septembre, mais se noie en simplisme et en approximation historique.  Il aura voulu ménager la chèvre et le chou en jouant les intermédiaires neutres à l’excès pour finalement ne déboucher sur rien.  Le sujet complexe de « Munich » était cinématographiquement intraitable avant.  Il l’est d’autant plus après ce pseudo documentaire Blockbuster de fiction.   « Documentaire blockbuster de fiction », ça existe ça ? Ben oui, Spielberg, vient de l’inventer.